Il ignorait que ce que l’on appelle “les faiblesses” de l’autre attendrissent toujours avant de se révéler mortelles. Ce n’est pas sur un défaut que l’on se blesse mais sur l’absence d’une qualité.
Françoise Sagan, Le lit défait
Au cours d’une histoire sentimentale, l’alcool accompagne deux moments opposés : quand on découvre l’autre et qu’il faut se raconter, et quand on a plus rien à se dire.
David Foenkinos, La délicatesse
On ne devrait jamais faire l’économie d’une douleur potentielle.
David Foenkinos, La délicatesse
Il fallait sûrement y voir quelque chose de simple, et que l’on peut définir ainsi : la peur du bonheur. On dit que l’on voit les plus beaux moments de sa vie défiler avant de mourir. Il paraît ainsi plausible que l’on puisse voir les ravages et ratages du passé défiler au moment où le bonheur est là, devant nous, avec un sourire presque inquiétant.
David Foenkinos, La délicatesse

Pensée d’un philosophe polonais

Il y a des gens formidables
qu’on rencontre au mauvais moment.
Et il y a des gens qui sont formidables
parce qu’on les rencontre au bon moment.

David Foenkinos, La délicatesse
La douleur, c’est peut-être ça : une façon permanente d’être déraciné de l’immédiat.
David Foenkinos, La délicatesse
Toujours avoir quelque chose à désirer pour ne pas devenir malheureux par excès de bonheur. Qui possèderait tout serait déçu de tout et se morfondrait. Même la raison doit toujours avoir quelque chose à savoir, qui attise la curiosité et avive l’espoir. La saturation de bonheur est mortelle. Le talent consiste à récompenser sans satisfaire pleinement. S’il n’y a rien à désirer, alors le pire est à craindre : malheureux bonheur ! Où s’arrête le désir commence la crainte.
Baltasar Gracian, L’art de la prudence
Il me faudrait un bras de trente mètres de long pour que je puisse comprendre à quoi tend mon désir, car il est toujours si loin de moi que je le distingue mal. Ce à quoi il aspire est toujours éloigné de trente mètres et je ne saurais dire de quoi il s’agit; jamais je ne me suis trouvée près de lui, c’est certain. Je ne sais qu’une chose : ce à quoi aspire mon désir est plus beau, plus pur, plus évident que tout ce que je connais et si parfait qu’il accepte l’imperfection, me reconnaît dans ma particularité, telle que je suis. A trente mètres de moi.
Iris Hanika, Une fois deux
coup de foudre” […] Choc violent qui électrise, frappe de stupeur, et puis, avant qu’on en puisse revenir,un éclair fulgure, éblouit et, pour un temps plus ou moins long, rend aveugle. Irruption, bouleversement : on est perdu (éperdu), on ne s’est avisé de rien, on s’aperçoit enfin, penaud, qu’on a pris un coup. Trop tard : la sensation - douleur d’une blessure ou félicité d’une extase soudaine - ressemble à ces plaies de lame effilée qu’on ne sent pas sur-le-champ, dont on ne s’aperçoit qu’au sang et qui, plus tard, font mal, s’enflamment, s’enveniment et parfois “ne cicatrisent jamais” (Wagner, Parsifal)
Éric Blondel, L’amour
La chanson est expansion dans le passé, la photo finitude. La chanson est le sentiment heureux du temps, la photo son tragique. J’ai souvent pensé qu’on pourrait raconter toute sa vie seulement avec des chansons et des photos.
Annie Ernaux, L’usage de la Photographie